Bienvenue dans le futur, ça fait peur le transhumanisme ?


Imaginez-vous en 2040, vous allez voir le docteur : On vous diagnostiquera dans des salles remplies de bornes comme des caisses automatiques, ensuite vous attendriez qu’on vous appelle et votre « médecin » ne ferait qu’interpréter les diagnostics provisoires de la machine, mettrait à jour vos implants.

Toujours en 2040, on vous agresse dans la rue, vous portez plainte, mais afin de vérifier que ce que vous dites est vrai, on va d’abord regarder les enregistrements de la boîte noire de votre œil droit.
En 2040, il n’y aura plus de handicaps impossibles à « réparer ». Vous êtes aveugles ? On vous mets une puce connectée à votre cerveau, ainsi qu’à vos nerfs optiques pour vous faire voir. Pareil pour les sourds. Vous avez un accident et vous perdez l’usage de votre bras ? Pareil. Une puce et des électrodes dans le bras, et c’est reparti comme en 40.


Tout ça c’est le phénomène appelé « Transhumanisme », et ça consiste à dépasser les limites du corps avec la technologie. Et je vais vous inviter à réfléchir là dessus.

Dis moi, c’est quoi le Transhumanisme ?


« Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l'usage des sciences et des techniques afin d'améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Le transhumanisme considère certains aspects de la condition humaine tels que le handicap, la souffrance, la maladie, le vieillissement ou la mort subie comme inutiles et indésirables. Dans cette optique, les penseurs transhumanistes comptent sur les biotechnologies et sur d'autres techniques émergentes. Les dangers comme les avantages que présentent de telles évolutions préoccupent aussi le mouvement transhumaniste. »

C’est ce que l’on trouve sur Wikipédia. Grosso modo, c’est une volonté de surpasser les limites du corps humain avec la technologie. De ce fait, ça pose pas mal de questions auxquelles je vais essayer de répondre. Dans l’ordre, on parlera : - Transhumanisme et liberté ; - L’impact du transhumanisme sur la vie sociale ; - La santé avec le transhumanisme.
Transhumanisme et liberté


La première chose à laquelle je pense lorsque l’on me parle de tout ça, c’est le rapporte à la liberté. C’est peut être parce que j’ai dévoré tout les écrits de K.Dick, mais moi, ça me fait peur. Ici, je ne vais pas vous expliquer le pour et le contre du transhumanisme, je pense que ce mouvement est déjà bien trop en marche (lol) pour y faire quoi que ce soit, mais je tiens à vous partager le ressenti que j’ai actuellement dessus. Parce que, qui dit transhumanisme dit électronique, et maintenant ça ne sera pas de l’analogique non, ça sera « connecté », comme disent les vieux. Ce que je veux dire c’est que tous nos faits et gestes seront enregistrés quelque part, ça encore c’est déjà le cas, mais la question qui se pose c’est : qui pourra les consulter, et pourquoi ? Si on a un implant à l’œil soit parce qu’on a une malformation, ou parce qu’on est dans l’armée et qu’on est tireur d’élite, et que l’un ou l’autre fait une connerie, qui pourra regarder ce qu’il a vu et fait ?

Également, ces informations, elles seront détruites au bout d’un moment ? Ou alors elles seront toujours conservées ? Mais du coup, ça pose la question du stockage. Est-ce que ça sera l’Etat qui sera propriétaire de ces informations ? La personne elle-même ou des sociétés privées ?
Autre question, est-ce que cette informatique dans notre corps nous influencera ? Est-ce que si l’on a une puce dans notre cerveau pour nous aider à nous souvenir, lorsque nous dormirons, elle nous fera rêver de publicités vues dans la journée ?

Aussi, est-ce que, par exemple, des peines de justice seront prises là dessus ? Admettons, vous faites un délit quelconque et votre peine sera un couvre feu à 18h, bon, et si vous ne le respectez pas, est-ce que la puce déclenchera une alerte ou quelque chose ? Et si vous ne devez pas fréquenter quelqu’un, est-ce que la puce captera l’onde de l’autre personne et déclenchera quelque chose aussi ? Je ne pense pas que priver les gens de leur liberté pour une meilleure « vie de communauté » soit une bonne initiative.

Voilà, à travers ces quelques exemples, le genre de questions que peut poser la question de l’arrivée de ces procédés.


L’impact du transhumanisme sur la vie sociale



Savoir en direct tout ce que les autres font, ça vous tente ? Moi pas trop, mais après j’aime pas trop ce côté là sur les réseaux sociaux. Mais imaginez, vous, vous sortez dans la rue, allez au parc du coin, tous vos « potes » à je sais pas, admettons 5km, ils reçoivent une notification qui dis « hey Bertrand Dupont est au parc ! Allez le rejoindre ! ». Tout ce que l’on fait serait public, genre, tu vas voir un film au ciné, tout le monde le sais, même si c’est un plaisir coupable, genre le dernier Transformers. Il est déjà possible de voir ce genre de chose avec la dernière  mise à jour de Snapchat qui vous notifie lorsque deux de vos amis se rencontrent. Ou encore Facebook qui peut vous dire où sont vos amis. Il y a beaucoup d'exemples comme ça. (les sites/logiciels de rencontre notamment)

Mais ainsi, est-ce que toutes nos actions ne seraient pas retenues par la peur que quelqu’un d’autre ne le sache ? Tout ne serait que superficiel (pire que ça ne l’est déjà actuellement ). Dans une atmosphère de la sorte, serait-il possible de savoir qui l’on aime, et qui l’on déteste réellement ?
La sociabilisation devrait être un choix et non une obligation, une personne qui n’aime pas forcément voir beaucoup de gens, mais aime s’occuper de sa passion, doit-elle répondre aux même critères qu’une personne aimant les bains de foules et la course des soldes ? 

Tout ce que je prends pour exemple dans mon article sont des sujets traités sérieusement à la Silicon Valley, où se trouve le fief des grands adeptes du transhumanisme, tels que Zuckerberg ou Google. Ces derniers sont les chefs de file financiers sur ces recherches, notamment dans tout ce qui concerne le traitement préventif des maladies.

Tout ces dispositifs pour rapprocher les gens n’ont pour moi que le risque de les éloigner, par la peur du jugement permanent, par la peur de ne pas faire ce que tout le monde fait, parce qu’on n’est pas tous un influenceur, de paraître trop banal. À l’heure actuelle, avec Facebook, Twitter, Instagram et d’autres, on parle déjà de la dépression que peuvent causer les réseaux sociaux, mais imaginez un seul instant que le réseau social serait tellement présent, qu’on ne le verrait plus directement. Et si, le réseau était partout, tout le temps ? Je pense notamment au premier épisode de la saison 3 de Black Mirror, ou alors à #Bleue de Florence Hinckel

La santé avec le transhumanisme



Si il y a bien une chose qu’il faut reconnaître à cette mouvance, c’est l’impact sur la santé. Si toutes les maladies génétiques pouvaient être isolées et traitées, la qualité de vie s’en verrait nettement améliorée. 

Avec ces technologies, il n’y aurait plus de fatalités dûes au corps, si vous perdez un bras, on vous en met un autre. (ça commence déjà à se faire) Toutes ces augmentations pourraient, selon les transhumanistes, faire passer l’être humain dans le post-humanisme et ainsi évoluer, non plus par l’adaptation à son environnement, mais en s’augmentant par des moyens extérieurs. De cette manière, le corps humain ne serait plus une limite pour l’innovation ou pour les créations. La réelle barrière serait l’imagination de l’être humain.

Même pour les maladies mentales, il y aurait des traitements, comme nous le faisons déjà avec les anti-dépresseurs, mais pour toutes les émotions et non seulement la tristesse. Vous êtes en colère ? « Prenez un chewing-gum Émile ».

Ou alors, vous avez une déficience immunitaire, allez, des nanorobots dans les veines. Tout ça parait être bien pour l’humanité, si on les prends individuellement, mais je ne peux m’empêcher de penser que tout ça nous déshumanise, les transhumanistes parlent de post-humanisme, mais je vois ça comme une perte de contrôle de nous même.


Conclusion



Le transhumanisme, par bien des aspects, est une philosophie que l’on peut trouver attrayante. Mais après, c’est peut-être parce que j’ai joué à Deus Ex, ou parce que j’ai lu les livres de K.Dick et Asimov, mais moi la dépendance à la robotique, ça me fait peur. Plus on voudra quitter notre position d’humain, vulnérable, un peu faible physiquement même, moins on sera humain, à vouloir dépasser nos limites physiques et mentales par la technologie. Nous nous brûlerons les ailes comme Icare, et la nature nous regardera tomber, comme Dédale à vu son fils mourir sous ses yeux...

Pour aller plus loin:




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